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Une entrevue avec l’animatrice et productrice télé Tamy Emma Pepin

Tamy Emma Pepin est animatrice ainsi que présidente et productrice exécutive chez Un peu plus loin inc.. Personnalité médiatique travaillante et dévouée, elle passe beaucoup de temps à l’ordinateur et devant la caméra. Côtoyer ainsi les médias sur une base régulière fait de Tamy la candidate parfaite pour joindre #InfinimentCanada pour une « détox numérique » à Tofino, en Colombie-Britannique. On en apprend plus sur elle et sur son séjour à Tofino.

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Peux-tu nous parler un peu de ce que tu fais, Tamy ?

Ma carrière a débuté en 2008 quand j’ai compris que je pouvais devenir un média et me bâtir un auditoire grâce aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies. Nous vivons à une époque formidable où on n’a plus à attendre la permission d’un diffuseur ou d’un producteur télé pour faire entendre sa voix et rejoindre des millions de gens.

Comme je suis plutôt multidisciplinaire, c’est toujours un peu difficile d’expliquer ce que je fais, alors je dis simplement que je travaille dans les médias. J’ai lancé des projets créatifs dans la presse écrite, en ligne, à la télé, sur des plateformes sociales, en journalisme et pour des agences de publicité – tant derrière que devant la caméra, et derrière mon clavier. J’anime et réalise aussi #TamyUSA, une émission de voyage dans laquelle je parcours les États-Unis grâce à Instagram. Peu importe le médium ou la plateforme, ce que tous ces projets ont en commun, c’est le storytelling. Les plateformes vont toujours changer, mais ce qui reste c’est l’art de raconter une histoire. C’est vraiment ça qui me passionne. Dénicher et diffuser des histoires qui m’intéressent, inspirent les gens et qui auront peut-être le pouvoir de changer les choses.

J’ai aussi toujours essayé de faire des liens entre les idées et les gens. La créativité c’est essentiellement de savoir prendre des idées, des concepts qui existent déjà, et de les assembler afin de créer quelque chose de nouveau. C’est ce que je fais en alliant le voyage et les outils numériques, ou encore en mariant des applications sociales avec la télévision.

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Où as-tu grandi? Comment était-ce d’y grandir ?

J’ai grandi à Notre-Dame-de-Grâce, un quartier anglophone dans l’ouest de Montréal. J’aime beaucoup NDG. Jeune, j’ai baigné dans un milieu anglophone, même si mes deux parents parlaient français à la maison. C’est pourquoi je suis parfaitement bilingue aujourd’hui (je ne serai jamais où je suis professionnellement si ce n’était de la maîtrise parfaite des deux langues.) NDG est un quartier éclectique avec des gens d’horizons ethniques très variés. Par exemple, la rue voisine de la mienne était entièrement jamaïcaine. La famille vivant en face de chez moi était haïtienne, et à côté, ils venaient d’Europe de l’Est. Il y avait aussi des Grecs, des Portugais, des anglos… et quelques francophones. Je viens moi-même d’un milieu ethnique mixte, alors le fait d’avoir évolué dans cet environnement a beaucoup influencé la personne que je suis aujourd’hui. Je pense que de grandir avec une diversité culturelle et linguistique aussi riche a beaucoup contribué à ma vision du monde et à mon intérêt pour les identités plurielles — qu’elles soient basées sur nos origines ethniques, notre langue, notre religion ou notre sexualité.

En quoi ton voyage en Colombie-Britannique était-il différent de ton quotidien à Montréal ?

Je ne suis pas souvent à Montréal ces temps-ci, mais je donnerais tout l’or du monde pour les paysages de la Colombie-Britannique ! Je suis née en ville, et autant j’ai besoin d’avoir accès à  une scène culturelle bouillonnante et à un dépanneur ouvert 24 heures, j’ai la plus profonde des affections pour les contrées isolées et les grands espaces. Je me sens privilégiée de pouvoir vivre une existence où j’arrive à combiner de façon équilibrée la ville et la nature.

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Le fait d’être une animatrice télé et une personnalité web doit signifier beaucoup de temps passé sur ton téléphone, sur ton ordinateur et en studio. As-tu apprécié d’être déconnectée à Tofino ?

Je passe TELLEMENT de temps devant mon ordinateur et au téléphone. Je suis le rêve des compagnies de télécommunications, vous devriez voir mes factures. Je pense que le fait que de plus en plus de milléniaux troquent un emploi de 9 à 5 pour faire ce qu’ils aiment est fantastique, mais cela signifie aussi que la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle est en train de disparaître. Pour ma part, j’ai bâti ma carrière en utilisant les réseaux sociaux, ce qui veut dire que je suis connectée sans arrêt, chaque jour, depuis plus de neuf ans. En plus, parce que j’occupe une niche (le voyage), les gens présument que je suis en vacances parce qu’ils voient mes photos de paysages et d’hôtels. Mais la réalité c’est que je suis toujours en train d’écrire, de filmer, de prendre des photos, de gérer des livrables, des clients, de travailler… Bref, ça me prend une pause de temps en temps. Se débrancher est quant à moi le plus grand luxe qui soit. Même chose pour la simplicité.

Plus que jamais, pour sa créativité et pour sa santé mentale, je pense qu’il est essentiel d’être capable de recharger ses batteries et de s’éloigner du bruit, des nouvelles en continu, des « j’aime » et de son ego.

Donc oui, j’ai adoré mon expérience de déconnexion à Tofino. Ironiquement, il m’aura fallu ce contrat de travail pour que je puisse me le permettre…

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As-tu trouvé difficile de lâcher ton téléphone ?

Au début, j’étais comme « ARGH ! JE NE POURRAI PAS RÉPONDRE MES COURRIELS ! » Quand tu travailles dans les médias, une des plus grandes qualités est bien entendu de produire du contenu de qualité, mais aussi d’être disponible en tout temps. C’est un cycle continuel de “dépêche-toi et attends”.  Je gère beaucoup de choses en même temps, et parce que je démarre une entreprise et suis en transition entre le statut de pigiste et celui d’entrepreneure, j’en suis encore au point où si je ne suis pas là, tout arrête. Éventuellement, quand j’aurai mis sur pied un système où tout fonctionne même en mon absence, j’imagine que ce sera peut-être plus facile. Mais pour l’instant, et ce même si j’avais fait le suivi de tous mes projets avant de me débrancher, j’étais quand même anxieuse.

Par contre, je dois avouer que dès que le traversier est arrivé sur l’île de Vancouver et que j’ai senti la brise, vu les montagnes et mis le pied sur la plage, je me suis dit “Yo. Peu importe la personne qui a une urgence, elle devra attendre. Hashtag OBAMA OUT.”

La détox numérique est en fait assez facile à réaliser quand on garde en tête les avantages de se débrancher et qu’on met les choses en perspective.

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Sens-tu avoir gagné autre chose après cette détox ?

Bien sûr ! Même deux ou trois jours de déconnexion sont suffisants pour en tirer de grands bienfaits. Tu arrêtes de faire du multitasking, et ton rythme redevient ce qu’il devrait être – il se synchronise avec les éléments autour de toi (je sais, je parle comme une hippie, mais vous êtes avertis, Tofino peut avoir cet effet sur vous). Sérieusement, tu prends conscience des choses autour de toi, tu ressens tout plus profondément, ta créativité s’intensifie. Une détox numérique est essentielle parce qu’elle fournit au cerveau l’espace et le silence qu’il faut pour arrimer de nouvelles idées ensemble. Ça t’éloigne des messages impertinents dont tu te fais bombarder au quotidien, qui polluent tes pensées et te distraient de tes réelles priorités.

Comment as-tu trouvé le fait d’explorer un lieu nouveau par toi-même ?

Bien des gens me voient comme une extravertie, mais je suis tout autant introvertie. J’aime me plonger dans mes pensées et j’adore le silence. L’exploration en solo est de loin ma façon préférée de voyager. Je peux faire ce que je veux, à mon rythme, sans m’engager à qui ou à quoi que ce soit. Si je veux contempler l’océan pendant une heure, je le fais. Si je n’aime pas un endroit et que j’ai envie de partir, je pars. Le voyage peut donner un sentiment de liberté, mais je pense qu’on n’a pas goûté à la vraie liberté tant qu’on n’a pas voyagé seul. En plus, c’est plus beau et ça coûte moins cher que le psy.

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Que conseillerais-tu aux filles qui voudraient voyager seules ?

Je suis toujours surprise de constater à quel point plusieurs personnes s’empêchent de voyager parce qu’elles n’ont personne pour les accompagner. Il faut faire le saut. Pour les filles, mais aussi pour les gars, je dirai: apprenez à changer un pneu, dites à votre mère où vous allez et prenez la route. Ceci dit je trouve vraiment lourd et frustrant le fait que les filles doivent prendre plus de précautions en voyage (et chez elles aussi). Mais ça ne devrait pas les empêcher de vivre. Soyez intelligentes et faites preuve de jugement. Je ne me promène pas à deux heures du matin dans les ruelles de Montréal, et je ne le ferai pas non plus en voyage. Quand je voyage dans des zones plus à risque, je traine un spray anti-ours. Ce qui est assez pratique à Tofino, mais pourrait également s’avérer utile contre d’autres types de bêtes, spécialement celles qui n’ont jamais appris la notion de consentement.

Quelle est la meilleure chose que tu as faite à Tofino ?

Je pense que l’expression “lieu enchanteur” a été inventée pour Tofino. Il y a un esprit très relax qui t’enveloppe quand tu arrives là. Mon activité préférée a été le kayak aux îles Merears. C’est comme une forêt magique, comme dans le film Avatar, mais les créatures bleues en moins. Les arbres sont gigantesques et ils observent la planète tourner depuis 1500 ans. Tu ne peux qu’être en admiration devant ça.

Ton plat favori ?

Les tacos de poisson au Tacofino, sans équivoque. Ils ne sont pas célèbres pour rien!

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Si tu retournais à Tofino, qu’y ferais-tu d’autre ?

J’y passerais plus de temps. La déconnexion de quelques jours m’a fait du bien, mais j’aurais aimé passer plus de temps dans chacun des endroits. Ralentir le rythme. Ne rien faire. Contempler. Et prendre de longs bains dans ma chambre d’hôtel en écoutant les vagues et en regardant, par les grandes fenêtres, les arbres se balancer au vent.

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Quelle est la chose la plus mémorable à se produire en coulisses pendant le tournage de ton épisode avec InfinimentCanada ?

J’ai réalisé que toute l’équipe de tournage était membre du même programme de fidélisation aérienne, chose que j’ai toujours trouvée inutile avant que je me retrouve la seule loser à voler en classe économique. J’ai clairement besoin d’upgrader ma vie. Littéralement.

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